Capitale européenne de la culture, un booster de renommée ?
Article rédigé par Maurice Berthiau
Maurice Berthiau est chargé de mission à la Direction de l’Attractivité Internationale de Nantes Métropole. Après une carrière au sein du groupe France Télécom et de ses filiales à l’international, il a rejoint Nantes en 2003 et Nantes Métropole en 2007. Il tient le blog de marketing territorial Branding my city, dont est extrait l’article suivant.
Le titre de capitale européenne de la culture est un titre prestigieux qui permet de « s’inscrire dans la rumeur du monde », un axe important du développement stratégique à l’international pour un territoire. Mais quelle est son efficacité réelle en termes d’attractivité du territoire ?
Qui se souvient des palmarès ?
En France, tout le monde a en tête le succès de Lille, capitale européenne de la culture en 2004, et se prépare à célébrer Marseille en 2013. La compétition a d’ailleurs été rude avec Lyon, Bordeaux, Toulouse et les autres villes françaises candidates au titre. Mais qui se souvient que Paris l’a été en 1989 et Avignon en 2000 ? Ces villes n’avaient peut-être pas besoin de ce titre pour être connues et reconnues comme des villes de culture.
Question plus subtile : qui connaît Pécs ? Cette ville est pourtant la capitale européenne pour 2010, conjointement avec Essen et Istanbul. Pécs est aussi répertoriée au patrimoine mondial de l’Unesco pour sa nécropole paléochrétienne de Sopianae depuis l’an 2000, autre élément fort d’inscription dans cette « rumeur mondiale ». Et pourtant, malgré cela, vous n’aviez jamais entendu parler de Pécs ? C’est la cinquième plus grande ville de Hongrie. En dépit de tous ces atouts, l’attractivité de Pécs reste à démontrer et sa population décroit régulièrement.
D’autres villes ont été capitales européennes de la culture. Liverpool l’a été en 2008 (pour ceux qui l’auraient oublié, « La Princess » l’araignée géante de la compagnie nantaise La Machine, était une des attractions majeures de cette manifestation), mais là encore qui est capable de citer les deux capitales 2009 ?
La cible première : les habitants
Comme pour la plupart des actions destinées à développer l’attractivité internationale d’une ville, c’est en premier lieu à son propre territoire qu’il faut s’adresser. Ce sont les habitants qui doivent prendre conscience localement de l’ouverture sur l’Europe et sur le monde de leur ville. Cette reconnaissance peut être boostée par un label reconnu, mais elle est avant tout interne.
À l’origine, Lille était candidate pour l’attribution des jeux Olympiques de 2004. N’ayant pas été qualifiée, il a été décidé de ne pas laisser retomber l’élan populaire suscité autour de cette candidature. Le succès a incontestablement été au rendez vous.
La capitale européenne de la culture est un évènement capable d’être tout autant fédérateur et susceptible de valoriser l’image de la ville que les J.O. si tous les habitants adhèrent au projet et le démultiplient d’une part et si le projet s’appuie et accompagne une véritable dynamique d’autre part.














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