Et si 2010 était l’année de la catch-up TV ?
Avec les nouvelles technologies de communication, la consommation de contenus audiovisuels a considérablement évolué. Parmi les changements les plus notoires, la catch-up TV, ou télévision de rattrapage, s’est énormément développée ces derniers mois. Les chaînes ont bien compris son importance.
Vous avez raté la Nouvelle Star cette semaine ? Pas de problème, vous pouvez retrouver votre émission préférée sur M6 replay. Selon une étude de Médiamétrie publiée en mars 2010, un Français sur 5 regarde, au moins occasionnellement, des programmes de télévision via la catch-up TV. Ce service, proposé par la plupart des chaînes, permet de rattraper un programme que vous avez manqué ou d’en revoir un qui vous a plu.
Cette proportion est encore plus importante chez les jeunes. Selon la même étude, près de la moitié des 15-24 ans est adeptes de la catch-up TV, qu’ils la regardent sur un ordinateur ou via un poste de télévision.
Tous les programmes ne sont pas consommés de la même façon. Si les films sont le plus souvent enregistrés sur VHS, DVD ou PVR (Personal Video Recorder), les séries connaissent un grand succès sur les services de catch-up TV, ajoute Médiamétrie.
De plus en plus de programmes disponibles
Les chaînes de télévision ont bien saisi l’importance de ce nouveau mode de consommation de contenus. Le pourcentage de programmes mis a disposition par les chaînes a considérablement augmenté. Sur les sept canaux hertziens, la part de programmes accessibles en catch-up TV est passée de 53% à 64% entre mars 2009 et mars 2010. Elles proposent toutes plus de la moitié de leurs contenus.
Les chaînes qui étaient en retard se sont bien rattrapées, comme TF1 et France 2 qui sont passées à respectivement 56% et 53% alors qu’elle ne proposaient que 36% et 41% de leurs programmes en ligne un an plus tôt. D’un autre côté, les chaînes motrices comme M6, France 5 et Canal+ ont gardé leur avance et proposent les offres les plus complètes.
| Mars 2009 | Sept. 2009 | Mars 2010 | Evolution en un an | |
| TF1 | 36% | 42% | 56% | +20 |
| France 2 | 41% | 48% | 53% | +12 |
| France 3 | 52% | 63% | 59% | +7 |
| Canal+ (clair) | 71% | 72% | 73% | +2 |
| France 5 | 75% | 64% | 74% | -1 |
| M6 | 67% | 79% | 88% | +21 |
| Arte | 41% | 53% | 51% | +10 |
| MOYENNE | 53% | 59% | 64% | +11 |
Qu’est ce que cela implique ?
« Avoir un site qui propose de la catch-up TV est une nécessité, si on n’est pas sur Internet, on n’existe pas » estime Julien Herpin, rédacteur en chef adjoint de Nantes 7. Pour la chaîne locale nantaise, la catch-up TV est un moyen de toucher une plus large population. « Les gens ne peuvent pas tous regarder les programmes à l’heure à laquelle ils sont diffusés sur notre antenne, avec la catch-up TV, ils peuvent disposer du journal local en rentrant du travail » résume-t-il, « même s’ils ne sont pas chez eux ».
Pour une chaîne thématique, « la télévision de rattrapage permet de faire découvrir les programmes de la chaîne et d’attirer de nouveaux abonnés » souligne Natacha Clouzet, responsable des acquisitions d’Equidia.
Mais ces services de catch-up TV engendrent des coûts supplémentaires pour les chaînes. Et ces dernières n’utilisent pas toutes le même moyen de financement. Certaines d’entre elles ont opté pour un modèle gratuit, financé par la publicité. D’autres choisissent de faire payer un forfait afin d’accéder au contenu.
Les deux chaînes locales nantaises, Télénantes et Nantes 7, avaient fait deux paris différents. La première mettait ses contenus à disposition gratuitement pendant une semaine et proposait ensuite un forfait pour pouvoir télécharger les programmes plus anciens. De son côté, Nantes 7 avait choisi de les mettre en ligne gratuitement pendant une période donnée, sans pouvoir les podcaster. Alors que Télénantes a racheté Nantes 7, les sites des deux chaînes vont maintenant fusionner et le groupe médiatique va devoir choisir son modèle Internet. « La catch-up TV coûte plus qu’elle ne rapporte » remarque Julien Herpin, « mais ce déficit est compensé par les revenus de la chaîne car les deux supports sont complémentaires, ils forment une seule entité ».
Les grandes chaînes historiques, pour leur part, peuvent se permettre de financer leur catch-up TV par la publicité et proposent donc leurs programmes gratuitement pendant une période limitée. Le nombre de visionnages étant élevé, les revenus publicitaires sont importants et peuvent rendre rentable le service de télévision de rattrapage.
Equidia a choisi un autre mode de fonctionnement, associant son service de catch-up TV, lancé le 20 avril 2010, avec son service de VOD, qui devrait voir le jour fin 2010. Equidia watch, est un service gratuit, qui ne présente pas de publicité. « Cela a nécessité de gros investissements de la part de la chaîne » reconnaît Natacha Clouzet. Les programmes seront donc disponibles sur Equidia watch avant d’être proposés en VOD payante.
Associer les programmes à tous ces supports de diffusion pourrait bien être la solution la plus adaptée pour répondre à la nouvelle demande des téléspectateurs.
Aurélien Blaison














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