Et si pour 20€ vous deveniez producteur de cinéma ?
Aujourd’hui, pour 20€ seulement, tout le monde peut devenir coproducteur de cinéma. C’est ce que proposent des sites de financement participatif du 7ème art (ou crowdfunding) comme People for cinema, Touscoprod ou Motion sponsor. Pour l’achat de parts du film, l’internaute a accès aux avant-premières, aux soirées VIP et bien sûr à un possible retour sur investissement..
« Découvrez les coulisses du cinéma et investissez dans vos films favoris ». Voici la phrase d’accroche que l’on trouve sur la page d’accueil du site de crowdfunding People for cinema. La démarche est simple : après s’être inscrit en remplissant un formulaire, l’internaute lambda peut choisir de prendre des parts, de 20 à 50 000 euros, sur une sélection de 7 films. En échange de son investissement, celui-ci aura accès à de nombreux avantages et à une rémunération dès que le film aura généré le nombre d’entrées nécessaires à sa rentabilité. Dans tous les cas, le risque est minime car si le film ne rencontre aucun succès, l’internaute est assuré d’être remboursé à hauteur de 50%. Et ça marche ! Le site crée en novembre 2009 compte déjà plus de 8 000 membres et a rassemblé 195 300€ tous films confondus. Les motivations des internautes sont diverses, gagner de l’argent bien sur, profiter des avantages, mais également vivre concrètement sa passion du cinéma. Jean Christophe, réalisateur de 28 ans pour une télévision locale à Angers, a ainsi investi 500€ dans le Bruit des Glaçons, le prochain long métrage de Bertrand Blier. « C’est un moyen de soutenir le cinéma mais également de montrer au grand public que produire et distribuer un film coûte cher ! » explique le jeune homme.
Un financement qui reste marginal
« Aujourd’hui, le financement participatif reste très mineur, mais toute nouvelle source de financement est bénéfique pour le cinéma » témoigne Catherine BOZORGAN, productrice du Bruit des Glaçons. Seulement, sur un budget de 7 millions d’euros, le montant total à miser sur People for cinema est de 70 000 euros, soit 1% du budget. Pour Vladimir KOKH, distributeur de film au sein de la société parisienne KMBO, « cela peut aider à la promotion d’un film mais pas à la production, le financement participatif ne peut pas remplacer le financement traditionnel du cinéma. ». Les sites de crowdfunding en sont conscients et ne participent pas la production mais à la distribution des films. L’argent récolté par les investissements des internautes a pour but d’aider à faire connaître le film, à créer autour de lui un buzz. Internet devient un relais à la promotion du film, réalisée par les internautes eux-mêmes et non par les professionnels. Cette démarche bénéficie principalement aux distributeurs, qui, en segmentant les parts prises dans les films, partagent ainsi les risques… Mais aussi les gains. Concernant la production, Catherine BOZORGAN et Vladimir KOKH en conviennent, ce nouveau mode de financement ne parviendra pas à détrôner les chaînes de télévision, qui restent les principales mannes de subventions cinématographiques.

Des avis mitigés
Dans l’immédiat, les bénéfices du crowdfunding ne sont pas à la hauteur des investissements. Les deux films sortis en salle n’ont pas enregistré assez d’entrées pour engendrer des bénéfices. Le siffleur produit par Alain Attal n’a enregistré que 426 188 entrées quand 1 million auraient été nécessaires pour devenir rentable. Même situation pour Brothers, réalisé par Jim Sheridan qui a eu 307 731 spectateurs quand 1 800 000 était espéré. Pour Florence Bonvoisin, journaliste à Ecran Total, « c’est du financement à risque, les internautes attendent de vrais retours, ces mauvais scores vont amener un bouche à oreille négatif, c’est pour cela que ce phénomène va rester marginal ». Pourtant, ce nouveau financement fait des émules et en inspire d’autres. Le producteur de films X Marc Dorcel vient de lancer un appel à participation pour son prochain film, avec des avantages qui diffèrent quelque peu de ceux proposés par People for cinema.















Juste pour signaler une erreur:
« Les sites de crowdfunding en sont conscients et ne participent pas la production mais à la distribution des films ». Non, des plateformes comme Touscoprod ou Motion sponsor proposent aux internautes de financer également la production, voir même le développement.
People 4 cinema propose effectivement de compléter uniquement les budgets distribution et ce pour une très faible part du coût total du film. Mais cette plateforme n’est absolument pas représentative de l’ensemble du crowdfunding.
Si ce dernier reste marginal, complémentaire par rapport aux sources de financement traditionnelles, il peut grimper à 10% du budget,voir plus, sur des plateformes comme touscoprod. C’est particulièrement valable pour les courts-métrages.
Enfin, ne pas oublier qu’il y a aussi des sites dédiés à un seul projet. (Le plus gros succès, 800 000 livres pour Age of stupid)
Quand à Marc Dorcel, au dernières nouvelles, il a recolté + de 80 000 euros en quelques jours!
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