La VOD peine à décoller
Les investisseurs de la VOD, barricadés derrière leurs ventes de DVD n’attendaient que le coup d’envoi d’Hadopi pour investir. Malgré les bons résultats du secteur en 2009 (en hausse de 58% par rapport à 2008 et 82,4 millions de chiffre d’affaire), le marché reste quasi anecdotique en comparaison des 1,3 milliards d’euros du marché de la vidéo en France.
Un à un les loueurs dvd rendent les armes. Le téléchargement illégal et son insolente simplicité ont eu raison de toute une industrie. Que faire alors pour lutter contre le phénomène et regagner le cœur des cinéphiles ?
Avec le développement des offres Triple Play Adsl, la vidéo à la demande ou VOD est née.Le principe est simple : l’internaute accède à une plateforme VOD sur internet ou sur sa télévision (Orange, TF1 vision, Canalplay) qui lui donne accès à un catalogue de films parmi lesquels il n’a plus qu’à choisir. Plus besoin de sortir de chez soi, le coût de la location est ajouté instantanément à la facture ADSL ou l’abonnement de TV payante.
Seulement voilà, l’offre est-elle suffisante pour détourner les usagers du piratage ? Quelques freins à l’expansion de la VOD restent encore bien serrés.
Première dissuasion, le coût des locations VOD : 4,99€ pour une nouveauté, 3,99€ pour un fond de tiroir, on en regretterait presque la location DVD à 1,99€.
Pour Christel Delahaye, responsable VOD et nouveaux media France Télévision chez , ces tarifs sont justifiés car la VOD est un véritable service à domicile.
Qui fixe les prix ? «En France Les éditeurs n’ont pas le droit de fixer les tarifs, ce sont les plateformes VOD qui, d’un commun accord, ont fixé le prix des nouveautés à 4,99€ »France télévision
« Les plateformes en accord avec les producteurs préfèrent proposer un tarif élevé plutôt que de prendre le risque de baisser les tarifs sans que les locations augmentent. »
Mais la VOD a aussi un coût technique comme l’explique Yann Bertin, ancien responsable VOD de MK2 « La VOD coûte cher, même si on a besoin de très peu de personnel La bande passante et les serveurs représentent encore un investissement considérable aujourd’hui et ne favorisent pas la baisse des prix. »
« Nous attendons l’offre vidéo du Service Itunes »
Deuxième blocage, un catalogue en peau de chagrin. Avec 4847 films en 2009 (748 de plus qu’en 2008) et malgré les aides du Centre National de la Cinématographie (CNC) pour numériser les films, les catalogues restent bien maigres. « Si les catalogues sont peu fournis, c’est une question d’acquisition de droits » nous explique Christel Delahaye. A raison de 15 sorties de films par semaine en moyenne, la VOD n’ajoute même pas la totalité des nouveautés en catalogue. Autant dire que le piratage est tentant lorsqu’on sait que l’offre y est considérablement plus étoffée.

Enfin nombre d’acteurs pointent du doigt l’hégémonie de Canal+. Premier investisseur du cinéma français, la chaine cryptée possède l’exclusivité de la diffusion des films 10 mois après leur sortie au cinéma. Les plateformes VOD sont donc contraintes de retirer les films de leur catalogue dès que Canal+ commence à les diffuser. Il faut alors attendre la fin de l’exclusivité d’un an dont bénéficie la chaine cryptée pour retrouver ces films en VOD.
A Quand alors un service de VOD attractif ? « Nous attendons l’offre vidéo du Service Itunes courant 2010, les DRM* pourraient être supprimés et les prix considérablement baisser mais pour l’instant on attend ». Apple pourrait acheter la totalité des droits des films français et proposer des forfaits uniques. Aux Etats-Unis, la société NetFlix propose déjà un forfait VOD illimité pour 8,99$ (environ 6,50€) par mois. Le marché américain de la VOD connaît un véritable succès et dépasse aujourd’hui le milliard de dollar. (screendigest).
*DRM : digital right management, système limitant l’utilisation d’un fichier sous copyright.














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