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Le communicant interne à l’heure du 2.0

6 janvier 2010 vu 1 581 fois pas de commentaires

marcbramoulleArticle rédigé par Marc Bramoullé
Social Media Project Manager chez Ubisoft – Spécialiste de l’entreprise 2.0
Diplomé du Master 2 Programme Européen Management de la communication – Promotion 2009

La communication interne restera quoi qu’il arrive toujours garante de la parole des dirigeants dans l’entreprise. Mais avec l’arrivée de l’entreprise 2.0, elle semble avoir une nouvelle mission; celle de fluidifier les communications ascendantes et transversales.

L’essor des télécommunications et notamment des outils 2.0 multiplie les interactions possibles entre les salariés. Et ce sous l’impulsion des jeunes de la Génération Y désireux d’échanger, de collaborer, de faire entendre leur voix, d’innover ensemble.

La génération Y, fille du 2.0

Ainsi, le jeune embauché d’aujourd’hui surfe dans sa vie privée sur des sites bien plus ergonomiques, fonctionnels et innovants que les sites Intranets mis à sa disposition dans son entreprise. De la même manière, les applications disponibles sont bien plus faciles d’utilisation dans la sphère personnelle que dans celle professionnelle.

Selon une étude de chez McKinsey, certaines entreprises vont rater le virage du 2.0 et se retrouver dans une sorte d’impasse. Il va alors être très difficile d’attirer cette nouvelle génération. La même étude montre que 39 % des 18-24 ans américains sont prêts à quitter leur entreprise si on leur interdit l’accès à Facebook et 21 % en tireront une image très négative de leur employeur.

Andrew McAfee[1] synthétise parfaitement la situation dans laquelle les organisations se trouvent face à l’arrivée de cette nouvelle génération : “most organizations do need to take into account how millennials work, and how they think about hierarchy, expertise, collaboration, decision making, resource allocation, and many other aspects of organizational life.”

Il est donc possible que ce fameux passage de l’entreprise 1.0 au 2.0 se fasse de façon tout à fait naturel, grâce au passage tout aussi naturel d’une génération à l’autre dans l’entreprise. Selon Denis Paul van Chestein, spécialiste de l’entreprise 2.0, « la grande majorité des entreprises aura fait le saut vers le 2.0 le jour où la majeure partie de son corps exécutif actuel aura pris sa retraite. Il s’agit, donc d’une question de génération. »

A titre personnel, j’espère le contraire. J’espère qu’il est toujours possible de montrer aux dirigeants les bienfaits de l’entreprise 2.0, tant sur le plan économique qu’humain. Aux communicants internes d’expliquer l’intérêt de ce nouveau modèle pour leur entreprise et de faire tomber les dernières barrières qui nous séparent de l’organisation moderne, qui sera plus coopérative, collaborative et participative.

Les entreprises devraient ainsi passer progressivement d’un mode « Command and Control » à un mode « Share and Converse ».

L’architecte informationnel de l’entreprise

Les organisations modernes attendent de la communication interne qu’elle s’impose comme le « régulateur de l’information collective » dans l’entreprise, qu’elle repense et optimise les circuits de communication interne pour organiser ces interactions possibles.

Autrement dit, que les communicants internes s’assurent de mettre en place une vraie stratégie de circulation de l’information. Mettre en place les outils 2.0 n’est pas une fin en soi. Cela ne veut pas dire que l’entreprise deviendra pour autant participative et collaborative. Le risque, c’est de proposer des moyens de communication qui ne vont qu’accentuer le chaos communicationnel dans l’entreprise. Il faut préalablement repenser les circuits de communication interne afin d’éviter la pollution d’informations.

En bref : « Oui aux outils 2.0, mais dans certaines conditions et en réponse à des besoins métiers identifiés en amont. »

En définitif, l’objectif n’est pas de déployer des outils novateurs parce que tout le monde le fait. L’essentiel, c’est d’accompagner le déploiement des outils, de les lancer les uns après les autres après avoir délimiter le périmètre d’actions de chacun d’eux.

La mission du communicant interne consisterait alors à intégrer ces outils dans un tout cohérent pour construire une entreprise 2.0 « harmonieuse » avec des canaux de communication complémentaires. En somme une entreprise moderne et tournée vers l’avenir.

[1] Il est l’un des principaux acteurs de l’entreprise 2.0 et un des blogueurs les plus réputés de l’Harvard Business School.


Retrouvez Marc Bramoullé sur son blog : http://tete2com.com/marc-bramoulle

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