Radioscopie Virtuelle
Treize millions de podcasts ont été téléchargés sur les sites des radios françaises l’an dernier. En 2007, neuf millions d’auditeurs avaient écouté la radio sur internet au premier trimestre. Autant d’internautes qui ont adopté de nouveaux modes d’écoute suite à l’explosion d’internet et le développement des technologies de l’information. Depuis, la radio fait face à un véritable défi : s’adapter au virtuel et l’intégrer dans son fonctionnement. Boulversement du rapport avec l’auditeur, évolution du travail des journalistes, adaptations techniques et éditoriales… Internet révolutionne-t-il la pratique de la radio ?

- 9 millions d’auditeurs ont écouté la radio sur internet, soit 17,4% des 13 ans et plus. (source : Médiamétrie)
« Internet banalise le courrier des auditeurs, il facilite la circulation des idées et des témoignages .» Pour David Abiker, chroniqueur sur France Info, ancien présentateur de « David Abiker et les infonautes » les choses changent. Désormais toutes les radios ont leur site internet sur lesquels la participation des « infonautes » (auditeurs-internautes) est grandissante. Ils viennent y télécharger des podcasts, y regarder des vidéos d’interviews ou encore télécharger des chansons : la radio à la carte. « Il y a une complémentarité entre les programmes d’antenne et les contenus proposés sur le site. Chez nous, les auditeurs peuvent non seulement réécouter les flashs infos ou les chroniques mais aussi voter pour leurs titres préférés et consulter les fiches des artistes » souligne Pierre Boucard, directeur de la radio SUN, basée à Nantes.
Un multi-média
Pour satisfaire les attentes des auditeurs, les journalistes doivent eux aussi adopter de nouvelles habitudes. Le mot d’ordre c’est la polyvalence, en plus de la prise de son il faut être capable d’habiller son reportage d’image et de texte. Désormais la radio se veut multimédia comme en témoigne Caroline Caldier, reporter au service multimédia de France Info: « Sur le terrain, je fais intervenir plus de sens, ça demande parfois plus de dialogue qu’une simple interview radio ; notamment pour prendre des photos. Mais effectivement, j’ai la sensation de pourvoir raconter plus de choses que sur un « deux minutes » radio. » Il faut aussi faire avec les commentaires plus nombreux des auditeurs qui réagissent quasi instantanément sur le site web. « Ce sont des connaisseurs, parfois même des spécialistes qui nous renvoient vers des sources d’information pour améliorer notre travail » explique David Abiker.
Internet bouscule donc les pratiques des professionnels comme celles des auditeurs. L’échange d’informations et de contenus est constant. Un véritable avantage pour les radios qui cherchent à renouveler leur audience. Pourtant Pierre Boucard reste sur la réserve : « Internet est un média individuel tandis que la radio est un média collectif. Elle a un bel avenir devant elle si on la pratique intelligemment en s’appuyant sur les nouvelles technologies. »
Arte Radio est une radio 100% web, Silvain Gire, son responsable éditorial, nous explique en quoi elle est différente des autres radios.














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