Tous pris dans la Toile
Le plan Besson sur l’économie numérique, lancé en 2008, prévoyait une totale couverture du territoire français par l’ADSL à l’horizon de janvier 2010. Un petit état des lieux s’impose donc…

Laurence, 54 ans et Anaïs, 5 ans : deux générations au relationnel très antagoniste avec l'outil informatique et Internet.
Aujourd’hui, quelques rares zones dites « blanches » parsèment les campagnes de l’Hexagone. Les Unions de consommateurs ne recevraient pas de plaintes particulières à ce sujet. Et pourtant, nombreux sont ceux qui se sentent marginalisés, ou simplement lésés par la difficulté ou l’impossibilité de pérégriner sur la Toile. Chez ces « Internautes des champs », la frustration causée par des connexions dépassant difficilement les 128 kb/sec est palpable.
Georges, 65 ans, résident de Racoule en Lozère met une heure tous les matins pour relever ses mails : « Ce n’est pas parce qu’on vit en Lozère qu’on se pose le soir au coin du feu pour se raconter des histoires. » soupire-t-il. Chez d’autres, qui ne trouvaient pas d’intérêt à Internet, se tissent les prémices d’une relation, pour l’instant complexe : « Quand j’en ai besoin, je vais chez ma sœur. J’y allais rarement au début. Mais quand on entrevoit les capacités de l’outil, on y passe de plus en plus de temps. » résume Jacques, 50 ans, du centre Bretagne. « Je dois même avouer qu’il est assez frustrant de s’arrêter de surfer … »
Une fracture générationnelle
Aujourd’hui, la quasi-totalité du territoire est couverte par l’ADSL. Les chiffres publiés dans le rapport Besson font état d’un manque d’équipement cruel en informatique chez les seniors. Difficile dans ces conditions d’avoir accès à internet. Selon un rapport du CREDOC publié en 2008, 40% des 60-69 ans sont connectés au web ; le chiffre tombe à 11% pour les plus de 70 ans. Les inégalités face aux numérique sont désormais générationnelles et non géographiques. Une réponse revient souvent de la part des seniors : « J’ai tout ce qu’il me faut dans les bouquins, à la radio et dans les journaux ». Pour Frederic Rossi, professeur à l’Université permanente nantaise (UPN) : « L’aspect économique n’est pas clairement évoqué pour des raisons évidentes de discrétion. Les autres obstacles sont l’agressivité marketing et le manque de suivi ; nos « aînés » ne sont pas habitués à la dématérialisation des rapports humains dans les relations commerciales.» L’ensemble du territoire français devrait être couvert en haut débit dans l’année. Certaines municipalités ont choisi de s’attaquer à la fracture économique. Ainsi à Marseille, des forfaits internet à moins de 5 € par mois sont proposés dans les quartiers HLM. Morgan Broudic














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